Quelles sont les bonnes conditions pour pouvoir voler en parapente ?

Le vol libre en parapente est certainement l’activité outdoor la plus sensationnelle qui soit. Voler sans moteur est une expérience unique. Cependant, comme toute autre activité d’extérieur, elle peut présenter des risques quand certaines conditions ne sont pas respectées. Aujourd’hui, l’équipe de K2 parapente vous a concocté un rappel des bonnes pratiques à adopter pour bien commencer l’activité.

 

Au point de départ, le parapente est l’aéronef le plus facile à maitriser. Quelques jours suffisent à acquérir assez de savoir pour profiter d’un vol seul dans les airs, bien sûr encore guidé en radio par un moniteur au décollage et un autre à l’atterrissage. Ces deux phases sont les points clés d’une bonne progression. 

Passé cette première étape, persévérer dans l’apprentissage implique de comprendre l’aérologie. Cette phase peut prendre du temps, voir même toute une vie de pilote suivant les objectifs que vous souhaitez atteindre. 

Parallèlement, vous devez apprendre à maitriser votre parapente dans différentes situations. Car même si quitter le départ n’a rien de compliqué, il faut savoir prendre les bonnes décisions au bon moment pour réagir de façon adéquat aux conditions que nous pouvons trouver en l’air. 

Cette étape clé, K2 parapente en a fait sa spécialité ! Nous proposons des stages appelés, stage de pilotage ou stage SIV (Simulation d’Incident de Vol) qui se déroulent un peu comme des stages de pilotage en voiture. Nous mettons notre parapente dans différentes positions, nos simulons des incidents susceptibles d’advenir en l’air pour apprendre à les gérer en adoptant les bons réflexes. 

Et bien sûr, après avoir compris l’aérologie et le pilotage il faut apprendre à se connaitre et développer un certain sens du discernement. Car, comme dans n’importe quelle activité outdoor, en général le principal facteur de risque, c’est nous même !

 

Rappel des principes physiques de « comment on vole » 

Commençons par une petite liste très simplifiée pour ceux qui dormaient au fond de la classe pendant les cours : 

Un parapente, c’est : une sellette reliée à une voile par des suspentes. « Easy as abc ! » 

Mais, derrière cette apparente simplicité se cache une foultitude de forces et de principes physiques qui lui permettent de voler. 

Sans tous les aborder en détails, en voici un résumé : l’aile, profilée comme une aile d’avion, va générer de la portance. La forme bombée de l’aile impose à l’air qui la traverse d’effectuer un chemin plus long sur le dessus de l’aile qu’en dessous. Un gaz accéléré diminuant en pression, cela va créer une force d’aspiration vers le haut, ce qu’on appelle la portance. Cette force vient s’opposer à la gravité pour ralentir la chute verticale.

 

Les différentes phases de vol : 

Liste de « check » au décollage

La check-list de décollage, ou, la prévol, c’est votre assurance d’un vol sans encombre. Un grimpeur ne partirait pas en falaise sans vérifier sa corde et son baudrier. Pour un parapentiste, c’est pareil, si ce n’est qu’il y a un peu plus d’éléments à considérer. 

  • La météo : pensez à vous laisser assez de marge pour finir votre plan de vol. Il faut avoir une bonne connaissance de votre niveau, et ne pas hésiter à repousser un décollage si vous sentez que vous pourriez être dépassé par les conditions météorologiques. 
  • La radio : on vérifie la batterie, on se connecte à la bonne fréquence pour conserver un maximum d’informations sur les conditions : fréquence FFVL « sécurité & météo vol libre » 143.9875 MHz
  • Parachute et poignée de secours : il faut que la poignée soit bien placée, mais aussi que la ou les aiguilles soient bien en place. On vous en parle dans cet article : « Le parachute de secours »  
  • Le bouclage du casque : essentiel en cas d’atterrissage forcé ou de collision avec le relief ou un autre aéronef. 
  • Le bouclage de la sellette : on vérifie que les 2 ou 3 boucles sont bien fermées, mais aussi que votre sellette soit bien ajustée. Il y a encore des incidents dus à la négligence de ces vérifications.
  • Absence de clé dans les suspentes :
    • Liberté des avants : les avants doivent aller directement de votre main aux bords avant de l’aile. Sans torsade et sans qu’aucune suspente ne les croise.
    • Liberté des freins : ils doivent aller directement de votre commande à la poulie.
  • La manche à air : un léger vent de face par rapport à l’axe de votre décollage est idéal. Il faut choisir son moment de décollage en fonction de son niveau.
  • Lespace aérien : dernière chose à faire avant le gonflage, on vérifie bien que l’espace aérien soit dégagé à 360°.

Le gonflage 

Une fois toutes les conditions de décollage réunies, on peut amorcer la phase de gonflage. Celle-ci consiste à lever la voile au-dessus de sa tête en tirant sur les élévateurs vers l’avant puis à la freiner pour qu’elle ne vous passe pas devant. La voile se retrouve ainsi en état de vol alors que vos pieds restent au sol, vous entrez alors dans la phase de temporisation. Cette ultime étape de vérification est indispensable. Vous regardez à nouveau s’il n’y a pas de clé dans les suspentes, que tout est à sa place (une attention particulière sera portée au bouclage de la sellette) et que le comportement de la voile est correct. 

C’est tout bon ? Alors décollons ! Une petite course ou quelques foulées, bien penché en avant sur la ventrale, et c’est parti !

Le vol

Ça y est, vous voilà parmi les zéphyrs ! Le premier vol en parapente est un moment magique. Et ceux qui suivront le seront plus encore ! Mais il faut toujours rester vigilant, et veiller à accorder sa pratique à son niveau. Beaucoup d’erreurs peuvent être évitées en ce sens. 

Par exemple au décollage du col de la Forclaz, à Montmin, au dessus du lac d’Annecy, il y a toujours un grand nombre de parapente en l’air. C’est un des spots les plus connus au monde. Il est très prisé des parapentistes car réputé pour être « facile ». Il y a donc quasiment tout le temps du monde en l’air. Mais attention, « ce n’est pas parce qu’il y a des voiles que ça vole pour moi. » 

Voici donc quelques petites astuces pour mieux appréhender les conditions propices :

  • Au début de notre progression il faudra privilégier les vols du matin, sans aucune ascendance et donc sans turbulences. Il n’est pas ici question d’une quelconque dangerosité, mais plutôt de pratiquer un terrain qui soit adapté à son niveau. Tout comme un skieur ne s’engagerait pas sur une piste noir pour effectuer la première descente de sa vie. 
  • Après peut-être une cinquantaine de petits vols, appelés dans notre jargon « plouf », vous pouvez commencer à voler un petit peu en thermique. Ces fameuses ascendances que tout le monde recherche servent à monter ou à se maintenir un peu plus longtemps en l’air. À ce stade de l’apprentissage, il s’agira de s’y essayer juste au début des conditions thermiques ou vraiment en soirée quand tout commence à se calmer. 
  • Puis, petit à petit votre créneau de vol s’agrandit. Mais avant de vraiment exploiter les thermiques à leur plein potentiel, il faut bien sûr se former pour savoir réagir en cas de fermeture, de déséquilibre, etc… Un stage de pilotage s’impose donc assez rapidement dans votre progression. Mais pas que ! La formation perdure tout au long de notre vie de pilote, car les voiles changent, les méthode évoluent et les conditions aérologiques évoluent elles aussi ! Il est donc essentiel de se maintenir à jour en faisant régulièrement des stages de gonflages, des stages thermiques / cross , des stages sur les facteurs humains, de la préparation mentale, etc … Restez curieux, ne cessez jamais de rechercher toutes les infos qui vous seront utiles pour progresser en toute sécurité et sérénité. 

L’atterrissage 

Il se décompose en deux phases, la phase d’approche à laquelle succède la phase finale. 

 

La phase d’approche est la plus accidentogène du vol, à cause de la proximité du sol. Vous devrez donc y porter une attention toute particulière pour écarter tout danger à l’atterrissage. L’important est d’être exigeant avec soi même et de construire une approche propre quelles que soient les conditions. Pendant votre vol, pensez à votre approche afin de garder assez d’énergie pour ne rien laisser au hasard. 

Votre objectif lors de cette manœuvre sera de vous retrouver dans une trajectoire face au vent et face au point d’atterrissage tout en contrôlant l’espace qui vous entoure. La distance et l’altitude qui vont permettront de toucher le sol à l’endroit souhaité dépendant des caractéristiques de votre voile, il faut ici encore avoir une excellente connaissance de vos capacités et de votre matériel.

 

La phase finale : l’arrivée face au vent vous permettra de réduire votre vitesse par rapport au sol sans perdre trop de portance. A l’approche du sol, tirez progressivement les freins afin de convertir votre poussée horizontale en portance jusqu’à atteindre le point de décrochage au moment où vos pieds touchent le sol. 

 

 

Voilà, nous avons fait le tour des principaux facteurs de risques, et des moyens de les éviter. Plus simple que le code de la route, garder à l’esprit cette petite liste vous assurera de toujours voler en accord avec votre niveau de pratique. On ne le répétera jamais assez, mais, le meilleur moyen de ne pas se retrouver dans une situation à risque, c’est encore ne pas la générer vous-même. Le plus important en vol libre, c’est de faire preuve de discernement, de lucidité et de connaissance de soi. Bon vol !